Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 1/2)

 

Tandis qu’en France de picholinesques batailles se déroulent entre économistes orthodoxes et hétérodoxes, entre tenants du déclinisme et  adeptes de la méthode Coué, le dernier rapport du World Economic Forum (WEF) devrait mettre tout le monde d’accord : la France n’est globalement plus compétitive et elle ne s’est pas préparée pour le monde nouveau qui l’entoure (numérisation du monde, bouleversement climatique, globalisation et mondialisation)…

Tous les ans le World Economic Forum mène une étude sur la compétitivité de l’ensemble des pays de la planète. Il en résulte que notre pays serait passé de la 22e place mondiale à la 21e : quel progrès !

Ce classement prend en compte des critères peu discutables pour l’avenir d’un pays (seuls quelques idéologues professant l’économie planifiée le remettent en question).

Les critères du classement compétitivité du WEF : trois grandes catégories

1) Les besoins de base (basic requirements) : ce qui guide et oriente l’économie

– les administrations
– les infrastructures
– l’environnement macroéconomique
– la santé et l’éducation initiale

 2) l’efficacité des organisations (efficiency enhancers) : ce qui rend l’économie et le travail efficace

– l’éducation supérieure et la formation
– l’efficacité du marché des biens
– l’efficacité du marché du travail
– le développement des marchés financiers
– la capacité d’utiliser les technologies (technological readiness)
– la taille des marchés

3) les innovations et la créativité : ce qui prépare l’avenir

– la sophistication des activités
– l’innovation

La 21e place (28e selon le classement PISA de l’école) pose question sur l’économie française, qui prétend encore être la cinquième ou sixième économie au monde.

Dans tout  pays comparable, les résultats du WEF (et de bien d’autres classements) auraient alerté les opinions publiques et les décideurs, favorisé des réformes globales et enclenché les changements majeurs nécessités par l’environnement social, économique et financier nouveau.

En France, l’objectif n’est pas de changer mais de se tenir immobile le plus longtemps possible.

Des décennies d’inaction

En 1969 Jacques Chaban-Delmas évoquait déjà une société bloquée : « De cette société bloquée, je retiens trois éléments essentiels, au demeurant liés les uns aux autres de la façon la plus étroite : la fragilité de notre économie, le fonctionnement souvent défectueux de l’État, enfin l’archaïsme et le conservatisme de nos structures sociales. »  Mais tout l’art des institutions de notre pays et de son personnel politique aura consisté, depuis la première crise de l’énergie de 1973, à ne rien changer, à laisser la société française dériver vers l’enkystement et la procrastination.

La lutte contre le chômage : entre incantations et lamentations impuissantes

Tous les gouvernements depuis les années 70 se contentent d’incantations sur la croissance (qui ne revient jamais comme espérée), de lamentations sur le chômage et les emplois perdus, ou encore la recherche des boucs émissaires lointains mais confortables (l’Europe, les étrangers, les Allemands, les Américains ou bien les Chinois).

Nos voisins et partenaires économiques… tous plus compétitifs

– La Suisse, ce petit pays de montagnes, enclavé en Europe, est le pays le plus compétitif au monde (malgré sa monnaie récemment réévaluée de 20%).

– Les États-Unis: malgré leur dimension et une population importante, constituent la troisième économie la plus compétitive au monde (loin du discours des démagogues qui ont voulu faire croire à leur déclin).

– L’Allemagne est le cinquième pays le plus compétitif au monde (avec cet Euro fort qui n’handicape que les peuples immobiles ou non qualifiés).

– L’Angleterre (d’avant le Brexit) est le septième pays le plus compétitif au monde

– La Chine quant à elle, avec son 1,5 milliard d’habitants, est désormais classée en 28e position, à quelques encablures de la France (qu’elle dépassera très bientôt sans doute).

 

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
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