Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 2/2)

 

La France est en panne sur deux points fondamentaux pour l’avenir

– Le développement du capital humain (éducation primaire / supérieure ainsi que le tandem formation / apprentissage)

Notre pays dépense beaucoup pour son éducation nationale mais les résultats sont médiocres. Nous sommes parmi les plus mauvais élèves de l’OCDE que ce soit au niveau de l’école obligatoire (la plus inégalitaire des pays développés), des universités (les facs françaises ne figurent plus dans les palmarès internationaux) que pour notre formation professionnelle (ravagée par une réforme improvisée et inconséquente en 2014).
En France un quart des habitants ont un niveau très faible de qualification, deux à quatre millions d’adultes sont illettrés et seuls 4% des cadres ont un niveau international d’anglais.

– Le savoir-faire organisationnel

Rien ne sert de disposer de cerveaux brillants ou entraînés, de dépenser des sommes importantes dans son éducation ou de disposer d’infrastructures modernes si l’on se révèle incapable de manager le pays, d’accompagner les entreprises ou d’offrir à chaque habitant la capacité de donner le meilleur de lui-même.

La complexité, ce crime organisé par l’État

La France ruine ses entreprises et son activité depuis des dizaines d’années sous une bureaucratie mêlant complexité, lourdeur et inefficacité :

– en développant une administration surnuméraire et inquisitrice qui étouffe l’initiative économique et sociale ;

– en maintenant artificiellement des institutions qui ne répondent plus aux besoins du moment (le syndicalisme sans travailleurs syndiqués par exemple) ;

– en légiférant et règlementant sur tout et en toute occasion (« les socialistes taxent tout ce qui bouge et quand c’est mort ils le subventionnent » Ronald Reagan).

La logorrhée législative (cf. le Conseil d’État)

Dans un rapport intitulé « la simplification et la qualité du droit », publié fin septembre 2016, le Conseil d’État critique les lois françaises en expliquant que :

– « On ne peut que constater l’insuffisance des études d’impact  censées accompagner tous les projets de loi du gouvernement… Ces études servent souvent à justifier a posteriori des réformes déjà décidées ».

– L’absence de maîtrise du processus d’élaboration de la loi est criante.

– Le problème de cet empilage de textes est qu’il fait souvent peser le poids de la complexité des règles sur les PME.

« La simplification est un enjeu de compétitivité économique et d’attractivité du pays » …cette complexité est devenue l’un des premiers facteurs d’exclusion ».

La France perd son travail parce qu’elle ne sait plus l’organiser

– Les salariés et les organisations ont perdu une grande partie de leur productivité alors qu’ailleurs le monde entier progresse à grands pas (s’étant débarrassé des scories idéologiques du XIXe siècle).

– Les institutions de notre pays jouent désormais contre les entreprises et les habitants du pays (en prétendant les aider, on les enfonce dans la complexité et l’impuissance).

– La fabrication insensée et continuelle de normes règlementaires et sociales empêche le déploiement  d’un travail de qualité (les 35 heures, les retraites prématurées, la pseudo sécurisation de l’emploi, la règlementation sur la pénibilité, la récente loi travail complexifiant encore le droit du travail, le droit surréaliste à la déconnexion…)

– L’entretien d’une coûteuse et inégalitaire école, ainsi que du diplôme-roi est contre-productif dans un monde qui nécessite flexibilité, innovation et esprit d’entreprise.

– Le marché du travail est déconnecté des besoins des entreprises avec son flot intarissable de chômeurs (entre 6 et 10 millions soit près du tiers de la population active) et des sureffectifs encore nombreux dans les entreprises (peut-être trois millions de postes en trop).

– Les régimes sociaux sont proches de la faillite et ne servent plus que d’amortisseurs sociaux sur des dossiers trop explosifs pour être traités (les retraites non financées, la dette sociale qui enfle, le chômage qui empêche de rechercher du travail…).

– La confiance manque partout : les entrepreneurs limitent leur activité de peur d’être stigmatisés ou assommés d’impôts, les citoyens ne se développent pas car le système d’assistance sociale les en empêche (un quart du revenu des ménages vient de l’État désormais), nous stagnons faute de confiance et de stabilité règlementaire.

Le monde nouveau est celui où les recettes du passé ne fonctionnent plus

Le monde qui se dessine n’a plus grand chose à voir avec les XIXe et XXe siècles et les recettes économiques et sociales du passé n’offrent plus aucune garantie de succès dans une économie post-moderne, globalisée et mondialisée.

 

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel


A propos de l'Auteur :
Didier Cozin est gérant de l’Agence pour la Formation Tout au Long de la Vie depuis 2006. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la formation professionnelle.

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