Pourquoi former des chercheurs en alternance à l’université ? Partie 1/2

 

 Former des chercheurs par la recherche, en alternance, voilà ce que l’université française, à l’instar des universités étrangères, devrait mettre en place dès la fin de la licence.

Apprendre un métier avec la meilleure formation en alternance.

Un chercheur doit remettre en question continuellement ses connaissances en les échangeant avec ses pairs. Les congrès, colloques, symposium, séminaires… sont les occasions de communiquer son savoir et d’apprendre en permanence. La vocation d’un jeune chercheur commence au contact d’enseignants-chercheurs. Elle peut débuter dès la licence, correspondant au collège universitaire dans d’autres pays. Cette formation de base peut être plus ou moins professionnalisante et le prépare à l’entrée dans différents masters obtenus généralement après deux ans d’études. Ces masters qui ont fait leurs preuves dans d’autres pays débouchent sur différents métiers dont ceux de la recherche. Contrairement à la pratique d’une sélection à la fin du M1 qui est inefficace en ne débouchant sur aucun diplôme reconnu internationalement, il faut comme dans tous les autres pays limiter l’accès au début du master (M1).

Ces masters « recherche » qui commencent avec des stages en laboratoires pourraient servir de modèles pour toutes les formations en alternance tant à l’université que dans les écoles.

Ainsi que certaines universités et écoles le font déjà, la généralisation des formations en alternance pourrait :

  • donner une véritable formation professionnelle aux étudiants dès la licence ;
  • permettre leur insertion rapide sur le marché du travail ;
  • définir puis adapter les formations au marché du travail ;
  • intéresser les entreprises, sociétés, milieux professionnels en les faisant participer aux formations premières ;
  • internationaliser les formations en développant des échanges validés par les deux institutions.

Pour faciliter ces formations il faut inciter les deux parties, universités et professionnels, à signer des contrats de formation. Un exemple de contrat existant au niveau de la préparation d’une thèse de doctorat est le contrat CIFRE. Ce type de contrat, qui a peu de succès, devrait être étendu aux masters dans toutes les disciplines et devrait constituer une véritable alternance entre les deux parties avec une incitation plus forte et un intéressement des entreprises. Ces formations en alternance à tous les niveaux ont fait leur preuve dans d’autres pays depuis des décennies et permettent une meilleure insertion professionnelle.

Le chercheur à « plein temps », une exception française

Dans tous les pays dotés d’une recherche de haut niveau les chercheurs des institutions privées et publiques participent un peu aux enseignements au sein des universités et à tous les niveaux. Une étude a montré que si tous les chercheurs du CNRS, de l’INSERM, INRA, etc. enseignaient, ils donneraient environ 10 heures de cours par an. Ces enseignements pourraient se faire pour commencer au niveau du Master dans le domaine de compétences des chercheurs.

D’autre part la formation continue de l’enseignant universitaire est la recherche fondamentale et/ou appliquée. Un enseignant universitaire qui ne fait plus de recherche pourrait enseigner uniquement les premières années de licence et prendre une part plus significative dans l’organisation des études et de la vie étudiante.

Fin de la partie 1

Pr. Michel CRÉPIN

Michel-crepin

Ouvrages de Michel Crépin aux Éditions Arnaud Franel :

ID Reflex’ Alimentation et Santé


A propos de l'Auteur :
Professeur d'oncologie à la Faculté de médecine de l'université Paris 13, ancien directeur de laboratoire à l'INSERM, auteur de nombreuses publications et ouvrages, dont Le Cancer pour les Nuls, L'alimentation anticancer, et de l’ID Reflex’ Santé et Alimentation aux Editions Arnaud Franel.

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