La prévention des maladies chroniques (Partie 2/2)

Partie 2 : Quelles propositions pouvons-nous faire ?

Potage en vue !

En s’inspirant des campagnes de prévention mises en place depuis plusieurs années par l’INCa (Institut National du Cancer), six mesures pourraient être mises en place.

1- Améliorer notre alimentation en réduisant fortement les pesticides

Les pesticides impliqués dans beaucoup de cancers (leucémies, prostate, cerveau…) pourraient être fortement réduits.

Nous pouvons empêcher que des tonnes de pesticides continuent à être déversées dans les champs alors que leur nocivité pour la nature et les hommes est parfaitement connue et que d’autres méthodes existent, tout aussi efficaces et rentables pour les agriculteurs qui les utilisent depuis longtemps.

Nous pouvons aussi interdire que les lobbies agrochimiques influencent les commissions à Bruxelles, et  infiltrent les comités scientifiques et consultatifs pour imposer leurs nouveaux pesticides ; en particulier ceux qui pénètrent dans la pulpe des fruits et légumes.

Nous pourrions aussi peser sur certaines multinationales de l’agrochimie qui interdisent l’accès à l’information sur leurs produits toxiques aux journalistes, aux scientifiques, aux citoyens avec la directive de l’Union européenne « Secret d’affaires ».

Attribuer un label « santé » aux producteurs et fournisseurs de l’agriculture raisonnée, biologique.

Encourager les fournisseurs de repas d’entreprises et des EHPAD à proposer des plats à base de produits Bio.

Introduire plus d’aliments Bio dans les menus des cantines pour prévenir les risques de certaines maladies à l’âge adulte.

Pour éliminer une partie des perturbateurs endocriniens remplacer progressivement les emballages plastiques par ceux en verre qui sont déjà recyclés aujourd’hui.

2- Lutter contre l’«épidémie d’obésité » en éduquant enfants et parents

Depuis plusieurs années l’espérance de vie, surtout celle en bonne santé, baisse aux États-Unis en raison notamment de la forte augmentation du surpoids et de l’obésité.

Introduire dès la maternelle une initiation à « bien manger » avec l’aide d’une diététicienne.

Introduire dans la formation des enseignants une formation minimale à la diététique.

Éduquer les enfants en associant les parents et les associations de parents d’élèves dans le cadre d’activités scolaires et périscolaires.

Mieux former les médecins en particulier les médecins scolaires à la diététique.

3- Lutter contre la sédentarité

Nous savons que le manque d’activités physiques est un facteur de risques directs et indirects pour beaucoup de maladies chroniques comme les cancers.

Avec l’aide du tissu associatif qui est très riche en France, nous pouvons encourager les exercices physiques. Nous pouvons aussi inciter les médecins traitants (généralistes ou spécialistes) à prescrire, pour ceux qui en ont vraiment besoin, une activité physique au sein d’une association comme la nouvelle loi de janvier 2016 les y autorise.

Et pour anticiper, nous pouvons éduquer nos enfants à pratiquer régulièrement des sports, non seulement dans le cadre scolaire, mais aussi en périscolaire au sein d’associations rattachées à l’école, au collège et au lycée.

4- Mieux informer les citoyens concernant les risques

Les informations sur les produits de consommation sont encore peu explicites et inefficaces. Il est très difficile d’identifier ce qui se cache derrière les additifs (E171 un cancérigène probable…). Il faut simplifier l’étiquetage de ces informations

L’étude expérimentale en cours mais qui s’avère très laborieuse doit aboutir à une information claire pour les consommateurs et doit être élargie aux produits non alimentaires.

Certains risques sont non seulement cumulatifs mais synergiques. Par exemple  l’association de l’alcool avec le tabac augmente fortement les risques de cancers des voies aérodigestives supérieures. Il faudrait mieux informer les personnes sur les associations risquées susceptibles de déclencher plusieurs pathologies.

5- Faire de la médecine préventive une véritable spécialité

Former de façon transversale les étudiants en médecine à la prévention des risques de maladies chroniques (santé publique, diététique, médecine sportive, gériatrie…)

Créer plus de diplômes universitaires (DU) de médecine préventive pour former les médecins et praticiens paramédicaux (kiné, psychologues cliniciens, diététiciens…), à l’acquisition de nouvelles compétences.

Dans le cadre de la nouvelle loi sur la formation continue mettre en place des formations pour les disciplines concernant tous les personnels de santé.

6- Apprendre à utiliser correctement les informations du numérique santé

De plus en plus de patients interrogent les sites internet avant d’aller consulter leur médecin traitant ou après une prescription. Les informations de ces sites, parfois erronées, sont souvent mal interprétées et ne peuvent convenir à toutes les personnes sans distinction.

Ces visites de sites ne remplacent pas une consultation  et doivent se faire en complément d’informations.

Le public doit être informer des dangers de ces sites par la CNIL et par une campagne d’information.

Sur la base d’un volontariat réciproque le patient et son médecin traitant pourraient rester en contact pour éviter des mauvaises informations et des auto médications dangereuses.

Pr. Michel CRÉPIN

Michel-crepin

Ouvrages de Michel Crépin aux Éditions Arnaud Franel :

ID Reflex’ Alimentation et Santé


A propos de l'Auteur :
Professeur d'oncologie à la Faculté de médecine de l'université Paris 13, ancien directeur de laboratoire à l'INSERM, auteur de nombreuses publications et ouvrages, dont Le Cancer pour les Nuls, L'alimentation anticancer, et de l’ID Reflex’ Santé et Alimentation aux Editions Arnaud Franel.

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