Management et évaluation des risques SST (1/3)

La réglementation française, avec le décret du 5 novembre 2001, a (re)lancé une dynamique qui avait mis du temps à se mettre en place depuis que la directive-cadre européenne dans le champ de la santé et sécurité au travail (SST), reprise en France par la loi du 31 décembre1991, avait posé aux employeurs l’obligation d’évaluer a priori les risques auxquels sont confrontés leurs salariés, afin de leur permettre d’appliquer les principes de prévention.

Méthodes et outils associés ont alors vu le jour, ouvrant un champ d’activité, il faut bien le dire encore à l’époque relativement inexploré, aux experts et consultants. Ainsi, fédérations et syndicats professionnels, instituts et organismes publics, consultants et, d’une façon générale, tous les acteurs concernés, se sont proposé d’accompagner les entreprises pour les aider à répondre à cette exigence (re)découverte.

Mais de quelle(s) exigence(s) parlons-nous ?

L’instauration en France du « document unique » (DU) ne peut, à l’évidence, se satisfaire comme un produit de sortie, un classeur de plus dans des bibliothèques de documentation déjà bien remplies…

C’est par contre une nouvelle impulsion qui a été donnée au chef d’entreprise, pour, au-delà de son obligation d’organiser son entreprise et de respecter les exigences réglementaires particulières qui s’imposent à lui, qu’il se repose les bonnes questions concernant son obligation générale de sécurité et la façon dont il y répond au quotidien.

C’est donc l’opportunité de (re)visiter l’ensemble de l’organisation des entreprises et de donner sens là où le quotidien et les pressions des marchés avaient fini parfois par faire perdre de vue l’objectif à atteindre : gérer les risques issus des activités conduites dans les entreprises. Risques pour les salariés qui œuvrent à la fabrication des produits et des services, risques pour les clients qui les utilisent, risques pour les prestataires avec lesquels l’entreprise contracte, risques pour les tiers (comme les riverains de l’entreprise…) qui les côtoient, risques pour l’environnement, risque assurance associé, risque financier en cas de défaillance, risque d’image… pour, au final, répondre aux attentes de l’ensemble de la société qui attend des entreprises une attitude responsable.

Une démarche holistique

La démarche d’évaluation des risques santé sécurité au travail est donc à approcher avec un « grand angle » et non avec des œillères ! Elle doit être cohérente avec les autres démarches de gestion des risques et s’inscrire dans un ensemble plus vaste de management (intégré) des risques dans l’entreprise.

En effet, même si les entreprises ont nécessité de recourir à des experts et donc des compétences par domaines – environnement, santé (médecin du travail, IPRP…), sécurité (préventeurs et IPRP), sécurité industrielle, qualité, etc. – leurs organisations doivent être telles qu’elles permettent une gestion globale intégrée des risques auxquelles elles exposent leurs parties prenantes ou auxquelles elles s’exposent. Cette gestion leur permettra une véritable création de valeur dans la durée.  Pour ce faire, elles devront définir une stratégie adaptée avec des politiques cohérentes pour guider choix et arbitrages nécessaires pour les conduire.

L’application du principe d’intégration énoncé ci-avant, au domaine santé sécurité au travail, a pour conséquence immédiate « d’arrêter de manager la SST » pour « produire et travailler en toute SST », ce qui très différent !

A suivre :
Comment produire et travailler en toute SST
Aspects juridiques

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Par Dominique Vacher

Photo de M. Dominique Vacher

Ouvrages de Dominique Vacher aux éditions Arnaud Franel :
Santé et sécurité au travail : Entreprises, arrêtez de manager la SST!


A propos de l'Auteur :
Dominique Vacher, auteur de l’ouvrage Santé et sécurité au travail, ancien d’EDF (manager, DRH, Directeur puis Coordinateur santé sécurité au travail (SST)), a fondé DVConseils, spécialisée en RSE, qualité de vie au travail et SST: www.dvconseils.fr Il est professeur associé au Cnam (chaire hygiène et sécurité), il est expert IPRP, membre de l’AISS et animateur du GEPI.

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