Apprendre et s’informer en 2018 :
les nouveaux enjeux (1/2)

Dans l’économie de la connaissance et un monde professionnel de plus en plus rapide et exigeant, les capacités d’apprendre, désapprendre, réapprendre deviennent primordiales pour les travailleurs.

Apprendre ne consiste pas seulement à tourner les pages d’un livre ou à surfer sur Internet

Si pour apprendre la meilleure méthode consistait à ouvrir un livre ou à se plonger dans Internet, les 3 milliards d’internautes que compte la planète seraient tous des génies auxquels aucune connaissance ou apprentissage n’échapperait.
Si apprendre consistait simplement à tourner les pages d’un livre, à prendre des notes ou à retenir par cœur des formules, alors les écoles, les universités ou les centres de formation ne seraient plus guère utiles.

En 2018 ce n’est pas – encore – le cas, car apprendre est à la fois un acte technique simple (retenir des informations, les transformer en connaissances puis les mettre en œuvre pour qu’elles se transforment en compétences), un acte parfaitement naturel et instinctif (le jeune enfant apprend tous les jours de son environnement et de ses expériences) mais encore et toujours une activité hautement sociale où les interactions avec les autres apprenants et le formateur ont peut-être plus d’importance que ce qu’on apprend.

Si l’information et la connaissance numériques sont partout, le monde des apprentissages humains est d’abord analogique.

Aujourd’hui la connaissance et l’information sont devenues des flots torrentiels que nul ne peut circonvenir réellement. Pour cette raison il n’est plus possible d’encapsuler ou d’arrêter la connaissance dans des encyclopédies papier (Wikipedia s’enrichit tous les jours) ou dans des cursus ou titres stables et normés (l’école et son ancien système de certifications).

Face à ce déluge informationnel, les hommes ont à la fois besoin de repères
(qu’est-ce que je dois retenir ou apprendre) de modèles humains (qui peut m’accompagner ?) et de temps et de lieux pour échanger.

Un concert retransmis chez soi sur un magnifique et immense écran plat ne remplacera jamais la planification et l’assistance à une soirée réelle dans un opéra. Un scintillant site internet peut aider à préparer la visite d’un musée ou d’une exposition (l’expo « Icônes de l’art moderne, la collection Chtchoukine) ne peut être remplacée par une application pour mobile (quelles que soient ses qualités).

Dans un monde fait d’automates (pour payer, pour acheter, pour louer, pour rencontrer son prochain) l’humain a besoin de contacts physiques et sociaux. L’électeur a besoin du meeting (pourtant c’est loin et inconfortable), le spectateur d’être dans la même salle que l’artiste (de pouvoir peut-être même le rencontrer potentiellement) et l’acheteur de parler à des êtres humains pour être conseillé, guidé ou orienté.

Condamner nos contemporains à apprendre chez eux derrière un écran d’ordinateur aura 3 sortes de conséquences :

1. Ne pas permettre à ceux qui n’ont pas les compétences d’autonomie suffisantes et de responsabilisation à ne plus jamais pouvoir apprendre.

2. Déshumaniser les rapports humains, faisant de chaque travailleur un internaute isolé qui compte ses heures de formation derrière son petit écran (tel Harpagon comptant sa cassette).

3. Ouvrir grandes les portes à des sociétés internationalisées qui dès lors qu’elles auront traduit leurs programmes investiront des milliards de dollars pour industrialiser la formation et l’éducation sans possibilité pour des formateurs locaux de rivaliser en termes d’efficacité ou de prix.

Apprendre ne consiste pas à déverser des contenus dans un vase vide

Qu’on l’appelle formation à distance, e-learning, FOAD (Formation Ouverte et À Distance) ou encore numérisation de l’enseignement, tous les systèmes actuels butent – et buteront sans doute encore longtemps – sur un obstacle majeur : l’humain, ce qu’il peut, sait et a envie d’apprendre, et si un jour prochain il devient possible d’apprendre  sans effort via une puce implantée sous la peau, on peut se demander si les humains ne seront pas dès lors facilement remplacés par des machines.

Dans la seconde partie de cet article : l’intelligence artificielle et ses enjeux

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Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ Apprendre à apprendre
ID Reflex’ Entretien professionnel


A propos de l'Auteur :
Didier Cozin est gérant de l’Agence pour la Formation Tout au Long de la Vie depuis 2006. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés à la formation professionnelle.

1 Commentaire

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[…] Très engagé sur les questions de formation, Didier Cozin, auteur du dépliant « ID Reflex’ Apprendre à apprendre » a de son côté insisté sur l’intérêt de l’entreprise pour l’apprentissage ainsi que sur les enjeux de l’information à l’ère du numérique. […]

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