Thème : Economie et Bourse

La rente en France ou comment le social bloque l’ascenseur (2/2)

 

La rente est partout en France, de Gauche comme de Droite

Nous avons vu qu’une rente est un revenu régulier obtenu sans travail et bien évidemment la rente n’est pas seulement sociale (donc de gauche) elle est aussi fortement présente à Droite :

l’immobilier qui permet de gagner (virtuellement) de l’argent en ne faisant rien (il suffit de s’endetter en attendant la hausse). Aujourd’hui les banques prêtent sur des durées de 25 ans à des taux inférieurs à 2%, elles entretiennent donc la hausse des prix (dans les grandes villes) mais parallèlement la paupérisation des jeunes (loyers exorbitants) et le sentiment d’enrichissement général et sans cause (pas d’impôts, de taxe ni même de CSG sur la revente de la résidence principale).

le commerce et l’activité économique en général : en luttant contre la concurrence (européenne, libre et non faussée) la Droite comme la Gauche se rejoignent pour empêcher l’arrivée de nouveaux compétiteurs, pour protéger pour les uns leurs marchés pour les autres les « acquis » sociaux

l’exploitation du pays : la plupart des héritiers ne savent pas faire fructifier leur héritage. Les Français consomment depuis des années leur capital (financier, culturel, environnemental…) sans désormais être capables collectivement de le faire fructifier.

Ces quatre vérités qu’il ne fait pas bon dire

Tout l’art des gouvernements depuis le tournant des années 70 a consisté à cacher quelques vérités douloureuses (car remettant en cause notre « modèle » économique et politique) :

Vérité 1 : la productivité de l’Occident et des Français s’est affaissée depuis la première crise de l’énergie de 1971. Ce que nous continuons à produire l’est souvent par des artifices (l’inflation, la dévaluation, l’endettement, le maquillage des comptes ou encore l’importation massive du travail des autres)

Vérité 2 : sans travail aucun développement économique ni social ne sera possible. Mais le travail en France devient trop cher, trop complexe, trop conflictuel et nous le laissons filer vers d’autres pays en important massivement ce que les autres produisent

Vérité 3 : sans apprentissage ni efforts éducatifs permanents, sans éducation et formation tout au long de la vie, la France et l’Occident en général sont condamnés à régresser (et à étouffer à terme sous les dettes et l’inactivité).

Vérité 4 : la quête éperdue de sécurité, de sécurisation, de protection empêche tout développement économique et social, toute mobilité, toute innovation (comme ce principe de précaution avec lequel le train ou l’électricité n’auraient jamais pu être développés au XIXe siècle par exemple).

La France devient un pays de rentiers

La rente est partout, à Gauche comme à Droite (toutes deux ont intérêt à maintenir le plus longtemps possible ce système) et dans ce contexte ceux qui se prétendent les défenseurs du peuple et des opprimés (la posture est avantageuse même si les résultats économiques sont insignifiants à gauche) sont d’abord des défenseurs de cet ensemble de rentes sociales et économiques que notre pays s’est ingénié à produire et à conforter depuis les années 70.

Les blocages sur le droit du travail sont révélateurs d’un pays immobile et apeuré

La rente s’oppose au travail et il est bien évident que ceux qui ont fait du travail une malédiction, une torture dont il faudrait délivrer l’homme au plus vite, que tout ceux-là ne peuvent accepter qu’on attaque leur fonds de commerce, le Code du travail, ce monument historique en péril avec ses intouchables évangiles, un code qui devrait désormais s’appeler le « Code de la fin du Travail salarié ».

 

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux Editions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel

La rente en France ou comment le social bloque l’ascenseur (1/2)

Les pouvoirs publics élus en mai 2017 prétendent faire redémarrer l’économie, chercher la croissance et procurer un emploi à chacun, mais à force de protections, de subventions et d’assistance nous courons le risque de tuer définitivement l’activité et le travail.

 

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Simplifier l’État pour relancer la France

Une des causes majeures de la stagnation socio-économique de notre pays réside dans son État, qui cultive une hypercomplexité et une  suradministration délétères.

L’État, organisateur de la complexité

L’obésité législative et la manie de la règlementation sont des phénomènes à raison trop connus comme étant à la racine de la paralysie entretenue de l’économie et de la société française.

Mais au tandem « une question – une loi » vient en outre s’ajouter une rédaction réglementaire elle-même défaillante, où se multiplient les contradictions et les incohérences, quand ce n’est pas l’illisibilité pure et simple qui surgit. Cette activité souffre d’un grave déficit de pilotage et de responsabilité de la part des pouvoirs publics.

La France est littéralement submergée de paperasse administrative et les formulaires officiels (les « Cerfas », dont on trouve au passage sur les sites officiels des versions parfois périmées…) et se trouve entrainée dans une fuite en avant que rien ne semble pouvoir arrêter, ni pour autant justifier : les parlementaires sont-ils élus pour consacrer la moitié de leur temps (si l’on en croit le dernier livre de Jacques Attali) à remanier les lois de leurs prédécesseurs ?

À titre d’exemple, la loi ALUR de 2014, censée sécuriser le logement, entrave par sa complexité et son inadaptation aux réalités du marché la bonne marche des transactions, et aboutit à un résultat opposé.

Les raisons d’une politique

Les raisons d’une telle pratique peuvent se résumer en deux mots : l’intérêt et la facilité.

La volonté de manifester des signes visibles et potentiellement médiatiques d’activité de la part des ministres et de l’État explique pour une part cette hypertrophie. Le nom donné à une loi reste dans les mémoires, et l’adoption d’un texte donne l’impression de résoudre les problèmes.

Par ailleurs bon nombre de personnes tirent profit de cette activité et sont par nature réticents la voir réduite : députés, huissiers, chargés de missions, consultants, cabinets de conseils, journalistes spécialisés, avocats, organismes de formation…
Enfin la difficulté du problème à résoudre n’est pas la moindre des causes de la perpétuation de ce phénomène – dont l’outil informatique facilite la propagation (copié, collé, réglé).

Une population abandonnée

Mais le résultat de cette irresponsabilité législative n’est pas loin d’être alarmant : la complexité réglementaire entretient dans une dépendance cognitive ceux qui, contraints de recourir à l’État pour subsister, ne sont pas capables de s’orienter seuls dans le maquis des formulaires, et absorbe en outre toute l’activité des assistants censés les écouter et les accompagner.

Aussi l’exclusion, la marginalisation et les inégalités explosent-elles, et de plus en plus de citoyens tournent le dos à un système social dont ils se sentent exclus et se réfugient dans l’apathie, la fuite ou la protestation politique.

Un modèle archaïque

Et comme par ailleurs les aides financières octroyées par l’État sont plus démobilisatrices et étouffantes que réellement généreuses, l’État trompe aujourd’hui en tout et pour tout bien plus qu’il ne protège et son fonctionnement ne rend plus service aux Français.

La simplification de l’activité législative devrait être couplée à une modestie retrouvée de l’État si chacun veut espérer retrouver un jour une place économique et sociale. Rendre sa liberté au peuple est le meilleur service que pourra rendre l’État à la France.

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
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Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 2/2)

 

La France est en panne sur deux points fondamentaux pour l’avenir

– Le développement du capital humain (éducation primaire / supérieure ainsi que le tandem formation / apprentissage)

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Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 1/2)

 

Tandis qu’en France de picholinesques batailles se déroulent entre économistes orthodoxes et hétérodoxes, entre tenants du déclinisme et  adeptes de la méthode Coué, le dernier rapport du World Economic Forum (WEF) devrait mettre tout le monde d’accord : la France n’est globalement plus compétitive et elle ne s’est pas préparée pour le monde nouveau qui l’entoure (numérisation du monde, bouleversement climatique, globalisation et mondialisation)…

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Les États-Unis vont-ils renouer avec l’inflation ?

valeurs-mobilieres-bourseL’inflation pourrait faire son retour en 2017 aux États-Unis. Les experts en débattent et si cette hypothèse se vérifiait, nombre d’investisseurs pourraient se trouver pris de cours. Faisons le point…

Parmi les causes d’un possible retour de l’inflation aux États-Unis, on en distingue trois : le rebond des prix du pétrole, le marché de l’emploi et Continuer la lecture


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