Thème : Entreprise et Collectivités

Santé et données personnelles : les enjeux du Big data (3/3)

En France, compte tenu d’un système de protection sociale largement public, les principales bases de données ont été conçues pour satisfaire les besoins de gestion de la Sécurité sociale et l’amélioration de l’offre de soins des établissements hospitaliers publics.

Le stockage des données de santé

Le Système national d’information inter-régimes de l’assurance maladie (SNIIRAM), dont le rôle est de suivre l’évolution des dépenses de la Sécurité sociale et le Programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) qui analyse les coûts d’activité des hôpitaux, sont les bases de données qui permettent la mise en place du SND (Système National des Données de Santé). Continuer la lecture

Santé et données personnelles : les enjeux du Big data (2/3)

En France comme en Europe, la législation en matière de protection des données personnelles a commencé avant le développement exponentiel des outils que nous vivons aujourd’hui.

Déjà dans les années 70, le développement des capacités de l’informatique en puissance de stockage, de calcul et d’interfaçage des fichiers, avait conduit le législateur à encadrer l’usage des données personnelles par la Loi « Informatiques et Libertés » de 1978, plusieurs fois renforcée depuis.

Parmi les données personnelles, les données de santé étaient considérées comme particulièrement sensibles et méritaient un encadrement plus rigoureux. Comme la majorité des données étaient détenue par soit le corps médical, donc couverte par le secret médical, soit par les organismes de Sécurité sociale, la limitation de l’accès à ces données en a été grandement facilitée.

Dès la publication de la Loi « Informatiques et Libertés », le nécessaire contrôle de l’usage du numéro de sécurité sociale (ou NIR) et le besoin de laisser la possibilité de s’en servir à tous ceux qui l’utilisaient pour la gestion de l’ensemble des prestations sociales des régimes de santé, de retraite obligatoire ou complémentaire vont entamer une cohabitation parfois difficile. Cela d’autant plus que ce numéro créé en même temps que la Sécurité sociale avait été accepté par la population française et qu’il sert de clé d’accès aux prestations que l’État-Providence a créé pendant les « 30 glorieuses ».

Ainsi la crainte qu’un numéro propre à chaque Français puisse servir à des croisements de fichiers intrusifs dans leur vie quotidienne se heurte aux besoins d’utiliser des données personnelles pour faciliter les actes usuels de la vie.

Paradoxalement, au moment où les progrès dans le traitement des données, avec comme corollaire le BIG DATA, s’imposent dans la Santé, la tendance protectrice  va connaître  un nouvel essor avec le nouveau Règlement Européen de Protection des Données (REPD) dont la transposition dans les droits nationaux est prévu pour Mai 2018.

Définitions des données médicales

Dans le champ des données médicales, la protection est encore plus drastique que dans celui des données personnelles. Le nouveau Règlement Européen de Protection des Données (REPD) donne une définition particulièrement extensive de la notion de données à caractère personnel relatives à la santé. En effet, il inclut toutes les données qui révèlent des informations sur l’état de santé d’une personne physique et dans ce sens toutes les données recueillies pour soigner, gérer les prestations de santé, rembourser des frais de soins en font partie

Le considérant 35 du REPD est à cet égard très explicite : cette définition inclut « des informations obtenues lors du test ou de l’examen d’une partie du corps ou d’une substance corporelle, y compris à partir de données génétiques et d’échantillons biologiques ; et toute information concernant, par exemple, une maladie, un handicap, un risque de maladie, les antécédents médicaux, un traitement clinique ou l’état physiologique ou biomédical de la personne concernée, indépendamment de sa source, qu’elle provienne par exemple d’un médecin ou d’un autre professionnel de la santé, d’un hôpital, d’un dispositif médical ou d’un test de diagnostic in vitro. »

La semaine prochaine :
le stockage des données et l’avenir de leur utilisation

Par Michel Rousselot-Pailley

Photo de M. Michel Rousselot-Pailley

Ouvrages de Michel Rousselot-Pailley aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ Santé – 2016
ID Reflex’ TNS

Santé et données personnelles : les enjeux du Big data (1/3)

Depuis que le premier chaman a essayé de guérir un malade, les hommes ont cherché à mieux comprendre la maladie, à mieux en voir les symptômes, à mieux en anticiper les effets et simplement à poser un diagnostic de meilleure qualité.

Les médecins qui ont en charge ce devoir disposent aujourd’hui d’une immense masse de documentation mise à leur disposition par les développements des technologies de l’informatique communicante. Continuer la lecture

In bed with Claire…

Pardon pour le titre racoleur, mais l’accroche est essentielle en marketing téléphonique… et il illustre l’importance de donner de la réalité et de la vie à vos avatars télévendeurs.

Les années 80 ont vu le téléphone passer d’un outil artisanal et personnel à un outil industriel, avec le développement des prestataires spécialisés et la généralisation d’opérations mobilisant sur des périodes courtes d’importantes équipes de télévente.

La force du téléphone est le contact direct et personnel entre deux humains, l’enjeu est et reste de ne pas déshumaniser le contact. Continuer la lecture

La rente en France ou comment le social bloque l’ascenseur (2/2)

 

La rente est partout en France, de Gauche comme de Droite

Nous avons vu qu’une rente est un revenu régulier obtenu sans travail et bien évidemment la rente n’est pas seulement sociale (donc de gauche) elle est aussi fortement présente à Droite :

l’immobilier qui permet de gagner (virtuellement) de l’argent en ne faisant rien (il suffit de s’endetter en attendant la hausse). Aujourd’hui les banques prêtent sur des durées de 25 ans à des taux inférieurs à 2%, elles entretiennent donc la hausse des prix (dans les grandes villes) mais parallèlement la paupérisation des jeunes (loyers exorbitants) et le sentiment d’enrichissement général et sans cause (pas d’impôts, de taxe ni même de CSG sur la revente de la résidence principale).

le commerce et l’activité économique en général : en luttant contre la concurrence (européenne, libre et non faussée) la Droite comme la Gauche se rejoignent pour empêcher l’arrivée de nouveaux compétiteurs, pour protéger pour les uns leurs marchés pour les autres les « acquis » sociaux

l’exploitation du pays : la plupart des héritiers ne savent pas faire fructifier leur héritage. Les Français consomment depuis des années leur capital (financier, culturel, environnemental…) sans désormais être capables collectivement de le faire fructifier.

Ces quatre vérités qu’il ne fait pas bon dire

Tout l’art des gouvernements depuis le tournant des années 70 a consisté à cacher quelques vérités douloureuses (car remettant en cause notre « modèle » économique et politique) :

Vérité 1 : la productivité de l’Occident et des Français s’est affaissée depuis la première crise de l’énergie de 1971. Ce que nous continuons à produire l’est souvent par des artifices (l’inflation, la dévaluation, l’endettement, le maquillage des comptes ou encore l’importation massive du travail des autres)

Vérité 2 : sans travail aucun développement économique ni social ne sera possible. Mais le travail en France devient trop cher, trop complexe, trop conflictuel et nous le laissons filer vers d’autres pays en important massivement ce que les autres produisent

Vérité 3 : sans apprentissage ni efforts éducatifs permanents, sans éducation et formation tout au long de la vie, la France et l’Occident en général sont condamnés à régresser (et à étouffer à terme sous les dettes et l’inactivité).

Vérité 4 : la quête éperdue de sécurité, de sécurisation, de protection empêche tout développement économique et social, toute mobilité, toute innovation (comme ce principe de précaution avec lequel le train ou l’électricité n’auraient jamais pu être développés au XIXe siècle par exemple).

La France devient un pays de rentiers

La rente est partout, à Gauche comme à Droite (toutes deux ont intérêt à maintenir le plus longtemps possible ce système) et dans ce contexte ceux qui se prétendent les défenseurs du peuple et des opprimés (la posture est avantageuse même si les résultats économiques sont insignifiants à gauche) sont d’abord des défenseurs de cet ensemble de rentes sociales et économiques que notre pays s’est ingénié à produire et à conforter depuis les années 70.

Les blocages sur le droit du travail sont révélateurs d’un pays immobile et apeuré

La rente s’oppose au travail et il est bien évident que ceux qui ont fait du travail une malédiction, une torture dont il faudrait délivrer l’homme au plus vite, que tout ceux-là ne peuvent accepter qu’on attaque leur fonds de commerce, le Code du travail, ce monument historique en péril avec ses intouchables évangiles, un code qui devrait désormais s’appeler le « Code de la fin du Travail salarié ».

 

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux Editions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel

La rente en France ou comment le social bloque l’ascenseur (1/2)

Les pouvoirs publics élus en mai 2017 prétendent faire redémarrer l’économie, chercher la croissance et procurer un emploi à chacun, mais à force de protections, de subventions et d’assistance nous courons le risque de tuer définitivement l’activité et le travail.

 

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Simplifier l’État pour relancer la France

Une des causes majeures de la stagnation socio-économique de notre pays réside dans son État, qui cultive une hypercomplexité et une  suradministration délétères.

L’État, organisateur de la complexité

L’obésité législative et la manie de la règlementation sont des phénomènes à raison trop connus comme étant à la racine de la paralysie entretenue de l’économie et de la société française.

Mais au tandem « une question – une loi » vient en outre s’ajouter une rédaction réglementaire elle-même défaillante, où se multiplient les contradictions et les incohérences, quand ce n’est pas l’illisibilité pure et simple qui surgit. Cette activité souffre d’un grave déficit de pilotage et de responsabilité de la part des pouvoirs publics.

La France est littéralement submergée de paperasse administrative et les formulaires officiels (les « Cerfas », dont on trouve au passage sur les sites officiels des versions parfois périmées…) et se trouve entrainée dans une fuite en avant que rien ne semble pouvoir arrêter, ni pour autant justifier : les parlementaires sont-ils élus pour consacrer la moitié de leur temps (si l’on en croit le dernier livre de Jacques Attali) à remanier les lois de leurs prédécesseurs ?

À titre d’exemple, la loi ALUR de 2014, censée sécuriser le logement, entrave par sa complexité et son inadaptation aux réalités du marché la bonne marche des transactions, et aboutit à un résultat opposé.

Les raisons d’une politique

Les raisons d’une telle pratique peuvent se résumer en deux mots : l’intérêt et la facilité.

La volonté de manifester des signes visibles et potentiellement médiatiques d’activité de la part des ministres et de l’État explique pour une part cette hypertrophie. Le nom donné à une loi reste dans les mémoires, et l’adoption d’un texte donne l’impression de résoudre les problèmes.

Par ailleurs bon nombre de personnes tirent profit de cette activité et sont par nature réticents la voir réduite : députés, huissiers, chargés de missions, consultants, cabinets de conseils, journalistes spécialisés, avocats, organismes de formation…
Enfin la difficulté du problème à résoudre n’est pas la moindre des causes de la perpétuation de ce phénomène – dont l’outil informatique facilite la propagation (copié, collé, réglé).

Une population abandonnée

Mais le résultat de cette irresponsabilité législative n’est pas loin d’être alarmant : la complexité réglementaire entretient dans une dépendance cognitive ceux qui, contraints de recourir à l’État pour subsister, ne sont pas capables de s’orienter seuls dans le maquis des formulaires, et absorbe en outre toute l’activité des assistants censés les écouter et les accompagner.

Aussi l’exclusion, la marginalisation et les inégalités explosent-elles, et de plus en plus de citoyens tournent le dos à un système social dont ils se sentent exclus et se réfugient dans l’apathie, la fuite ou la protestation politique.

Un modèle archaïque

Et comme par ailleurs les aides financières octroyées par l’État sont plus démobilisatrices et étouffantes que réellement généreuses, l’État trompe aujourd’hui en tout et pour tout bien plus qu’il ne protège et son fonctionnement ne rend plus service aux Français.

La simplification de l’activité législative devrait être couplée à une modestie retrouvée de l’État si chacun veut espérer retrouver un jour une place économique et sociale. Rendre sa liberté au peuple est le meilleur service que pourra rendre l’État à la France.

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel

La prévention des maladies chroniques (Partie 2/2)

Partie 2 : Quelles propositions pouvons-nous faire ?

Potage en vue !

En s’inspirant des campagnes de prévention mises en place depuis plusieurs années par l’INCa (Institut National du Cancer), six mesures pourraient être mises en place.

1- Améliorer notre alimentation en réduisant fortement les pesticides

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Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 2/2)

 

La France est en panne sur deux points fondamentaux pour l’avenir

– Le développement du capital humain (éducation primaire / supérieure ainsi que le tandem formation / apprentissage)

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Dans l’économie de la connaissance… la France à la traîne (partie 1/2)

 

Tandis qu’en France de picholinesques batailles se déroulent entre économistes orthodoxes et hétérodoxes, entre tenants du déclinisme et  adeptes de la méthode Coué, le dernier rapport du World Economic Forum (WEF) devrait mettre tout le monde d’accord : la France n’est globalement plus compétitive et elle ne s’est pas préparée pour le monde nouveau qui l’entoure (numérisation du monde, bouleversement climatique, globalisation et mondialisation)…

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