Thème : Ressources Humaines et Développement Professionnel

TRIBUNE – Formation, éducation et apprentissage : tout est à faire en France

Si la Cour des Comptes demande au gouvernement des efforts financiers « sans précédent » pour espérer remettre à flot financièrement le pays, il ne faudrait pas que ces indispensables efforts de rétablissement nous fassent oublier l’essentiel : les compétences insuffisantes de bon nombre de Français pour espérer se développer dans la société de la connaissance et de l’information. Les efforts éducatifs de la France devront être inédits et considérables.

Le diagnostic éducatif est simple en France : nous avons perdu dans la plupart des domaines de l’éducation et de la formation nos positions acquises aux XIXe et XXe siècles et nous concourrons désormais pour les dernières places dans la plupart classements internationaux.

 La France a un triple problème avec son éducation :

– elle a laissé son école dériver depuis la fin des années 70 (le collège unique) vers la situation actuelle, oscillant entre un self garderie sociale où chacun compte ses vacances et une maison des jeunes sans la culture.

– elle a dévalorisé et stigmatisé à la fois les familles, le travail manuel, les entreprises et l’apprentissage avec ce résultat d’un échec scolaire massif dans les filières généralistes (jusqu’à la fac) et  d’un déclassement et d’une désaffection généralisés pour l’apprentissage et la formation professionnelle.

– elle a été incapable de mettre en marche un système de formation professionnelle continue pour les adultes car elle a abandonné la formation à des syndicats irresponsables (la lutte des classes ne fait pas bon ménage avec les apprentissages tout au long de la vie) et à des dispositifs bureaucratiques en forme d’usines à gaz (contre-productifs, désargentés et inopérants comme les CPF et CPA qui paralysent les travailleurs sur des systèmes de comptage d’heures).

Pour rétablir la formation en France, il faudra oublier certains  de nos anciens schémas mentaux afin de :

– rétablir un enseignement initial de qualité sans attendre de la formation qu’elle corrige les aberrations scolaires (2 millions de jeunes abandonnés par l’école sans éducation ni formation, ni emploi possibles).

– ne plus ponctionner les budgets formation des entreprises pour la formation des chômeurs et des jeunes. Il est contre-productif pour le pays d’empêcher les salariés qualifiés de se former sous prétexte que plusieurs millions de personnes seraient quant à elle sans qualification en France. La culture et l’éducation (tout comme le travail ou la compétence) ne sont pas des gâteaux à partager mais des dynamiques à reconstruire et à entretenir.

– responsabiliser chaque travailleur sur le développement de ses compétences en l’incitant à investir du temps et de l’argent dans le développement de ses apprentissages  (chacun peut et devrait financer sa formation, comme partout ailleurs dans les pays développés).

– responsabiliser les entreprises en diminuant leurs cotisations sociales (maladie, vieillesse comme chômage) à hauteur de leurs efforts financiers en faveur des apprentissages (ce n’est pas 1 % de la masse salariale qui est nécessaire désormais mais sans doute 5 % de cette même masse salariale quel que soit la taille de l’entreprise).

Pour espérer conserver nos modèles économiques et sociaux, les efforts éducatifs sont devant nous et ils seront considérables.

Pendant des dizaines d’années, la France n’a écouté aucun conseil, elle est allée allègrement dans le mur en prétendant que nous avions des marges et de toute façon les meilleurs systèmes au monde (la meilleure école, le meilleur système de santé, les travailleurs les plus productifs…)

Tout cela n’est plus vrai et les travailleurs français ne sont pas fait d’un autre bois que les autres travailleurs dans le monde, s’ils n’apprennent pas, s’ils ne remettent pas en question leurs pratiques éducatives et professionnelles, ils ne seront pas productifs et aucune machine ou intelligence artificielle ne soutiendra notre système social sans des hommes compétents pour l’animer.

Les élections sont passées et tout reste à faire.

Les efforts à entreprendre pour les 20 prochaines années iront bien au-delà de votes d’adhésion à un homme ou à des mouvements comme « la République En Marche ». Aujourd’hui ce n’est pas tant la qualité du général en chef qui importe (encore que le précédent chef d’État manquait singulièrement de vision, de courage et de leadership) mais la motivation et l’implication de tous, depuis le plus jeune écolier qui fait consciencieusement ses devoirs (chez lui ou à l’école) jusqu’au travailleur qui doit désormais regarder son avenir en face et ne pas attendre de perdre son emploi pour réfléchir et développer son employabilité.

 

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel

In bed with Claire…

Pardon pour le titre racoleur, mais l’accroche est essentielle en marketing téléphonique… et il illustre l’importance de donner de la réalité et de la vie à vos avatars télévendeurs.

Les années 80 ont vu le téléphone passer d’un outil artisanal et personnel à un outil industriel, avec le développement des prestataires spécialisés et la généralisation d’opérations mobilisant sur des périodes courtes d’importantes équipes de télévente.

La force du téléphone est le contact direct et personnel entre deux humains, l’enjeu est et reste de ne pas déshumaniser le contact. Continuer la lecture

Simplifier l’État pour relancer la France

Une des causes majeures de la stagnation socio-économique de notre pays réside dans son État, qui cultive une hypercomplexité et une  suradministration délétères.

L’État, organisateur de la complexité

L’obésité législative et la manie de la règlementation sont des phénomènes à raison trop connus comme étant à la racine de la paralysie entretenue de l’économie et de la société française.

Mais au tandem « une question – une loi » vient en outre s’ajouter une rédaction réglementaire elle-même défaillante, où se multiplient les contradictions et les incohérences, quand ce n’est pas l’illisibilité pure et simple qui surgit. Cette activité souffre d’un grave déficit de pilotage et de responsabilité de la part des pouvoirs publics.

La France est littéralement submergée de paperasse administrative et les formulaires officiels (les « Cerfas », dont on trouve au passage sur les sites officiels des versions parfois périmées…) et se trouve entrainée dans une fuite en avant que rien ne semble pouvoir arrêter, ni pour autant justifier : les parlementaires sont-ils élus pour consacrer la moitié de leur temps (si l’on en croit le dernier livre de Jacques Attali) à remanier les lois de leurs prédécesseurs ?

À titre d’exemple, la loi ALUR de 2014, censée sécuriser le logement, entrave par sa complexité et son inadaptation aux réalités du marché la bonne marche des transactions, et aboutit à un résultat opposé.

Les raisons d’une politique

Les raisons d’une telle pratique peuvent se résumer en deux mots : l’intérêt et la facilité.

La volonté de manifester des signes visibles et potentiellement médiatiques d’activité de la part des ministres et de l’État explique pour une part cette hypertrophie. Le nom donné à une loi reste dans les mémoires, et l’adoption d’un texte donne l’impression de résoudre les problèmes.

Par ailleurs bon nombre de personnes tirent profit de cette activité et sont par nature réticents la voir réduite : députés, huissiers, chargés de missions, consultants, cabinets de conseils, journalistes spécialisés, avocats, organismes de formation…
Enfin la difficulté du problème à résoudre n’est pas la moindre des causes de la perpétuation de ce phénomène – dont l’outil informatique facilite la propagation (copié, collé, réglé).

Une population abandonnée

Mais le résultat de cette irresponsabilité législative n’est pas loin d’être alarmant : la complexité réglementaire entretient dans une dépendance cognitive ceux qui, contraints de recourir à l’État pour subsister, ne sont pas capables de s’orienter seuls dans le maquis des formulaires, et absorbe en outre toute l’activité des assistants censés les écouter et les accompagner.

Aussi l’exclusion, la marginalisation et les inégalités explosent-elles, et de plus en plus de citoyens tournent le dos à un système social dont ils se sentent exclus et se réfugient dans l’apathie, la fuite ou la protestation politique.

Un modèle archaïque

Et comme par ailleurs les aides financières octroyées par l’État sont plus démobilisatrices et étouffantes que réellement généreuses, l’État trompe aujourd’hui en tout et pour tout bien plus qu’il ne protège et son fonctionnement ne rend plus service aux Français.

La simplification de l’activité législative devrait être couplée à une modestie retrouvée de l’État si chacun veut espérer retrouver un jour une place économique et sociale. Rendre sa liberté au peuple est le meilleur service que pourra rendre l’État à la France.

Par Didier Cozin

Photo de M. Didier Cozin

Ouvrages de Didier Cozin aux éditions Arnaud Franel :
ID Reflex’ DIF et formation
ID Reflex’ Entretien professionnel

Pourquoi former des chercheurs en alternance à l’université ? Partie 2/2

 

Des universités de dimension internationale pour recruter des chercheurs de grande qualité

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Pourquoi former des chercheurs en alternance à l’université ? Partie 1/2

 

 Former des chercheurs par la recherche, en alternance, voilà ce que l’université française, à l’instar des universités étrangères, devrait mettre en place dès la fin de la licence. Continuer la lecture

Le Mind Mapping : découvrez l’outil phare du Management Visuel

« Je suis débordé ! Je n’arrive pas à m’organiser !  Je n’y vois pas clair ! Je perds du temps ! »
Ces pensées vous ont certainement déjà traversé l’esprit dans votre vie personnelle ou professionnelle. Avez-vous déjà réfléchi à la façon de résoudre ces problèmes ?

Le Mind Mapping, ou carte mentale, méthode visuelle permettant de réfléchir,  d’organiser ses idées et ses activités de manière arborescente, constitue une solution originale particulièrement adaptée. Formalisée dans les années 70 par Tony Buzan, cette méthode fut d’abord utilisée pour faciliter les apprentissages. Depuis l’arrivée des logiciels, elle est devenue un véritable « couteau suisse » de la pensée permettant de transformer facilement ses idées en actions, seul ou en équipe.

 

 

Pourquoi intégrer le Mind Mapping dans son quotidien ?

  • Facile à apprendre

Gros point fort de la méthode, vous pouvez vous l’approprier facilement. Elle s’appuie en effet sur une logique « naturelle » de notre cerveau qui cherche à relier et hiérarchiser les idées.

Un centre (l’idée principale ou l’objectif à atteindre) et des idées qui irradient autour de celui-ci, comme un arbre qui se ramifie et grandit, comme des neurones qui se connectent entre eux. Faire une carte est simple. Faire une « bonne » carte vous demandera de la pratique et d’assimiler quelques règles d’efficacité, pour la plupart très simples. Beaucoup de ressources, de qualité inégale, existent en ligne.

  • Rapide à mettre place

Transformer vos supports actuels en carte ne vous prendra que quelques secondes. Votre Todo List devient une Todo Map. Vous prenez des notes de manière linéaire, vous pouvez en prendre de manière visuelle. Le premier obstacle pour s’engager dans la méthode, c’est vous-même. « Je dois changer mes habitudes. Que vont dire les autres… »

  • Transférable dans plusieurs domaines

Que vous ayez besoin d’apprendre un cours ou de gérer un projet complexe, le Mind Mapping est aussi utile. Cela peut vous sembler surprenant, pourtant nous croisons tous les jours une diversité d’utilisateurs du Mind Mapping : des enfants pour mieux apprendre, des enseignants pour mieux transmettre, des assistants pour mieux gérer leur charge de travail, des directeurs pour optimiser leurs projets, des CEO pour y voir plus clair dans leur stratégie…  L’arrivée des logiciels, couplée avec l’émergence de méthodes collaboratives, a libéré une multitude de nouveaux usages, de plus en plus participatifs.

  • Progressive dans sa prise en main

Une carte peut être réalisée à la main ou grâce à un logiciel. Avec un simple papier et des crayons de couleur, vous débuterez sans aucun investissement. Côté numérique, vous avez un énorme choix de logiciels, des logiciels gratuits aux logiciels professionnels payants. Leur prise en main est rapide et facile et si vos besoins évoluent vous pouvez facilement passer d’un logiciel à un autre, la difficulté restant de bien les choisir.

 

Pour conclure, le Mind Mapping est surement la méthode la plus facile à apprendre pour un maximum de bénéfices. Plus vous utilisez le Mind Mapping, plus vous améliorez et accélérez vos capacités d’élaboration. Applicable dans de très nombreux contextes, il sera un allié de taille pour affronter tous types de défis !

 

Par Franco Masucci

Franco Masucci

Pour en savoir plus sur le Mind Mapping et toutes ses possibilités,  découvrez  le dépliant ID Reflex’ Mind Mapping : Découverte, rédigé par nos experts. Pour savoir quel logiciel choisir pour vous lancer, le dépliant ID Reflex’ Mind Mapping : Choisir et utiliser son logiciel vous aidera à faire votre choix.

Intermittents du spectacle : les nouvelles règles d’indemnisation du chômage

Le 21 juillet 2016, la circulaire Unédic n°2016-25 a précisé les nouvelles règles d’indemnisation du chômage dans les branches du spectacle, applicables depuis le 1er août 2016. Précisions…

Droit et législation

Un régime d’assurance chômage particulier

En France, les « intermittents » sont des techniciens et artistes du spectacle embauchés sous contrat à durée déterminée d’usage (CDDU). Continuer la lecture

Quand l’auto-entreprise sert de masque au salariat

ressources-humainesLe statut d’auto-entrepreneur a été institué par la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008, afin de répondre à un réel besoin économique en facilitant la création d’entreprise. L’auto-entrepreneur est placé sous le régime d’un travailleur indépendant et s’accompagne d’une présomption légale de non salariat (C.trav., art.L.8221-6-1).

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